Massif du Montcalm
- Aventures Hivernales -

Hiver, es-tu là ?

Massif emblématique de nos Pyrénées ariègeoises, nous partons en direction du Montcalm, en petit groupe le temps d’un week-end du mois de Mars afin de rejoindre Andrea, la gardienne du refuge du Pinet avec 3 missions en tête :

  • Récupérer mon exposition photo en version “format refuge

  • Tenter l’ascension du Montcalm

  • Se faire plaisir et en prendre plein les yeux

Déjà une saison que l’exposition “Regard d’Altitude” fait sa belle dans le refuge du Pinet, à 2240m d’altitude. Il est temps de la redescendre; son nouveau hall d’exposition l’attend à partir de juin prochain. Ce sera le refuge de Bassiès. En attendant, pas mal de questions, les photos auront-elles supporté la saison hivernale et les températures infernales du refuge lorsqu’il n’est pas gardé (et donc non chauffé !). J’ai hâte d’avoir la réponse !

Bref… nous partons en petit groupe le samedi matin. La météo annoncée est plutôt mauvaise pour le samedi et plutôt clémente pour le dimanche où nous prévoyons de tenter l’ascension de ce beau sommet. La météo réelle sera très exactement l’inverse !

La neige bien blanche est présente depuis le parking, ça nous promet de belles ambiances…

La montée au refuge se déroulera sans encombre, dans une poudreuse incroyable. Heureusement une trace est présente histoire de moins nous fatiguer mais quand même, il faut se le gagner, nous montons bien chargés ; raquettes, crampons, piolet, cordes, baudrier et tout le tralala. On sent bien le poids durant ces 1200 mètres de dénivelés.

La chaleur du refuge nous fera le plus grand bien après ces quelques 5h de montée ! Les photos exposées sont toujours là et en super état ! ouf, rassuré…. allez on emballe tout ça en 3 colis pour 3 sherpas.

Après une nuit très courte de par le bruit de nos voisins espagnols, nous nous levons à 04h00 du matin pour un départ à 05h00. Le petit-déjeuner est prêt (merci Andrea !), nous nous équipons et là…mauvaise surprise… un vent de tous les diables… Nous chaussons les raquettes, encore…, les crampons ne sont d’aucune utilité malgré les -10°C. Je ne me risque même pas à calculer la température ressentie avec le vent.

Nous partons, de nuit, à la frontale. Toutes les traces de la veille sont soufflées par le vent, nous devront refaire la trace dans la poudreuse. Nous nous relayons histoire de moins fatiguer car la route est longue. J’en profite pour casser une raquette, tout se complique… Je chausse vite les crampons mais je m’enfonce trop, je m’épuise vite. Heureusement j’ai toujours de quoi faire une réparation de fortune dans le sac. Cela nous permet de continuer. Nous arrivons rapidement au premier passage (très) délicat, 800 mètres de traversée à faire dans un immense couloir d’avalanche. Bien évidemment nous avions pris toutes les précautions (DVA pelle sonde), tous les renseignements pour une prise de décision optimale.

Nous commençons donc notre traversée de nuit, le cœur qui bat à 200. Chaque pas est extrêmement léger, tout doux, très mesuré. Au bout de 100 mètres, une plaque assez large se détache sous mes pieds. Il reste 700 mètres à parcourir dans cet enfer blanc, trop long; les conditions qui ont changé du tout au tout durant la nuit ne nous permettent pas de progresser comme espéré. Faire demi tour, immédiatement, se mettre en sécurité. Ma raquette se casse à nouveau, j’ai du mal à bouger, une plaque se détache à nouveau sous mes pieds…sortir de là, vite….

Plus personne ne dit mot. Le retour au refuge se fera dans le plus grand silence en se disant que nous avons bien fait de renoncer. Tout n’est pas perdu pour autant, la nature nous console avec un lever de soleil magnifique sur toute la chaine.

Tous les skieurs de rando qui seront partis après nous rebrousseront également chemin au même endroit, passage bien trop délicat à passer dans ces conditions changeantes. Seul un petit groupe tentera de passer et se fera prendre dans une coulée, sans blessé heureusement.

La montagne décide, elle a toujours le dernier mot. Renoncer est parfois nécessaire et souvent salvateur. Nous reviendrons !

Photos prises au Fuji XT5 et XF 16-55 f2.8 MKII